Créer des îlots de fraicheur pour lutter contre le réchauffement climatique

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le 25 août 2021

SOMMAIRE

Face aux fortes chaleurs et à la canicule, les villes multiplient les solutions pour faire baisser efficacement la température. Afin de réduire les îlots de chaleur et développer des îlots de fraîcheur, la municipalité de Rennes veut favoriser la végétalisation de la ville. Rappelons qu’en l’espace de 10 ans, la température moyenne a augmenté de 1 °C à Rennes. En plus des actions prévues par la Ville, le secteur de l’immobilier travaille également sur de nouveaux programmes qui incluent dans leur conception leurs propres îlots de fraîcheur. Ainsi, ceux qui veulent investir dans l’immobilier neuf à Rennes pourront profiter de logements de qualité conçus pour apporter fraîcheur et confort lors des épisodes de canicules ou de fortes chaleurs.

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Lutte contre les signes du changement climatique observés à Rennes

La ville dispose d’une vingtaine de points de mesure dispersés dans des zones stratégiques. Sur les 10 dernières années, il a été observé que la température moyenne a augmenté d’un degré. Pour les non aguerris, ce chiffre peut paraître peu, mais il s’agit clairement d’un signe des bouleversements qui sont déjà observés à l’échelle de la planète. Le souci réside dans le fait que dans les prochaines décennies, il est fort possible que les canicules soient plus fréquentes, et l’on peut aussi s’attendre à des périodes de fortes précipitations.

Pour lutter efficacement contre les îlots de chaleur, il est urgent de reconquérir l’eau et la nature. Précisons que lorsqu’il fait 4 à 5 °C Place Saint-Anne, la température est de 0 °C dans les prairies Saint-Martin. En période estivale, quand les températures atteignent les 30 °C dans le centre-ville, elles indiquent 24 à 25 °C dans ces prairies. Le constat est simple, il est important de favoriser les îlots de fraîcheur en ville, et c’est ce que souhaite faire la municipalité. En effet, cet objectif est inscrit dans son projet urbain. Ce dernier sera partagé avec les habitants dans le cadre de Rennes 2030.

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Qu’est-ce qu’un îlot de chaleur urbain ?

Un îlot de chaleur urbain est un secteur urbanisé où les températures sont les plus élevées. Dans ces zones, la différence de température avec les secteurs environnants peut atteindre 12 °C. Les causes de cette chaleur peuvent être multiples, mais les principales sont souvent directement liées à l’aménagement des milieux de vie. Nous parlons ici de la minéralisation des surfaces, du manque de points d’eaux de surface ou encore du manque de couvert végétal.

En ce qui concerne les bâtiments, il faut savoir que les matériaux extérieurs de couleur sombre emmagasinent la chaleur, avant de la rediffuser, ce qui contribue fortement au phénomène. Même si les climatiseurs sont utiles pour beaucoup pendant les périodes de forte chaleur, ils sont loin d’être une bonne solution. En effet, ils rejettent la chaleur aux abords directs de la bâtisse et consomment énormément d’énergie pour fonctionner.

Les programmes de création d’îlots de fraîcheur

La végétalisation est une des premières pistes de réflexion sur lesquelles la municipalité s’est concentrée. Elle permet à la fois de créer de l’ombre, protégeant ainsi le sol et les personnes dans l’espace public. Par ailleurs, grâce au mécanisme de photosynthèse, la végétation rejette naturellement de la vapeur d’eau dans l’atmosphère et rafraîchit.

Rennes a longtemps tourné le dos à la Vilaine et à l’Ille. Aujourd’hui, il est primordial de se réapproprier ces cours d’eau qui traversent la ville. C’est d’ailleurs déjà le cas dans un programme à Baud-Chardonnet, avec un parc de 4,5 ha en bordure de Vilaine. Afin de lutter contre les crues, la municipalité veut préserver des zones humides, mais aussi créer des bassins de stockage naturels, comme c’est le cas au sein des prairies Saint-Martin où un bassin de 60 000 m3 est prévu.

L’adjoint en charge de l’écologie urbaine et de la transition énergétique, Daniel Guillotin, explique que pour 2030, leur objectif est que 90 % des Rennais soient à moins de 5 minutes à pied d’un espace vert (actuellement, ce chiffre est à 70 %). Il ajoute qu’en l’espace de quarante ans, la surface du patrimoine vert de la ville a été multipliée par dix, avec actuellement 871 ha. La Ville veut aller plus loin et atteindre les 1 000 ha.

Limitation des îlots de chaleur à Rennes

La municipalité de Rennes a mis en place un coefficient de végétalisation dans le cadre du plan local d’urbanisme. Dès à présent, les promoteurs immobiliers ont l’obligation de garder au minimum une bande de 6 mètres en fond de parcelle en pleine terre. Dans le cas où cela n’est pas possible, il faudra que les bâtiments soient équipés de toitures ou de façades végétalisées.

Les responsables à l’écologie urbaine et à la transition énergétique à Rennes soulignent que la ville a été découpée en îlots. Chacun d’entre eux dispose d’un coefficient de végétalisation à respecter. Il est fixé à 10 à 20 % dans l’hypercentre, là où on retrouve le moins de parcelles de pleine terre, mais sera plus important ailleurs. Le coefficient sera calculé en points. Les promoteurs qui créeront un parking imperméabilisé aura zéro point, étant donné qu’il faut aussi maintenir l’eau.

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La place du végétal doit être retravaillée. D’ailleurs, c’est une demande récurrente des habitants lors des budgets participatifs. On remarque, par exemple, que les pieds d’immeubles arborés, comme dans les quartiers de Rennes sud, sont très appréciés. On y retrouve des arbres, des bancs et des jeux. D’autres quartiers sont en revanche un peu plus pauvres en espaces verts publics, surtout dans le centre-ville, Sainte-Thérèse et Sud gare.

Végétalisation des écoles

La municipalité a annoncé que le bitume de la cour de l’école Saint-Aubain, place Saint-Anne, va être entièrement cassé et être transformé en espace vert. La chaussée de l’école sera cailloutée pour que l’eau puisse être filtrée. Il est prévu que ce type d’opération soit réalisé à chaque rénovation de cour d’école. Les parkings dont le bitume pourrait être cassé seront aussi désimperméabilisés.

Des plantations aux prairies Saint-Martin

Le laboratoire LETG de Rennes 2 a installé des capteurs dans certaines zones de la ville. Il a été constaté qu’il y a actuellement un delta de 7 à 8° C entre le parc des prairies Saint-Martin et la place Sainte-Anne en cas de forte chaleur. Pour corriger le tir, la municipalité a décidé de poursuivre les plantations aux prairies Saint-Martin et continue de travailler sur le parc Baud-Chardonnet. Précisons qu’entre ce qui est planté et ce qui est arraché, la ville gagne entre 2 400 et 3 000 arbres par an. Ces chiffres comprennent les arbres au milieu des voies, lorsque les réseaux souterrains le permettent, comme au niveau du boulevard de Strasbourg. La Ville souligne également qu’elle veille à planter des essences locales adaptées.

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Des zones trop minérales en centre-ville ?

Beaucoup de Rennais jugent le centre-ville un peu trop minéral, à l’instar de la place Hoche ou devant Rennes métropole. Pour le cas de la place Hoche, la municipalité reconnaît qu’il y a eu des erreurs de système de drainage. Elle a replanté une trentaine d’arbres, mais cela n’a pas fonctionné. Quant à la place de la Communauté, devant Rennes métropole, elle a été aménagée il y a une dizaine d’années. Daniel Guillotin affirme qu’il y aura beaucoup plus de végétaux autour des futures stations de métro, afin de créer de nouveaux îlots de fraicheur.

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