Les prairies Saint-Martin à Rennes et l’assèchement de leurs zones humides

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Avatar de l'auteur "Miora R." Miora R.

le 20 août 2021

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Dès la fin de l’été, des travaux d’envergure seront conduits aux prairies Saint-Martin à Rennes pour rehausser le fond des bassins de la zone humide. Cependant, le projet de parc naturel sur place n’avait pas prévu que l’eau stagne et transforme par la suite les zones humides en étangs. Ainsi, des opérations de pompage de l’eau vont bientôt être menées dans les parties concernées. L’objectif de ce projet est de faire en sorte que les bassins restent en eau en hiver, mais s’assèchent en été, ce qui n’est pas du tout le cas aujourd’hui.

La fin de l’été est le moment idéal pour rehausser le fond des bassins, tout en respectant le cycle de reproduction des espèces. En proposant un parc naturel mieux entretenu et donc plus attractif, les travaux de restauration prévus permettront certainement au marché de l’immobilier neuf à Rennes de s’épanouir encore plus.

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Les premiers travaux en cours

L’adjoint à la biodiversité à la Ville, Didier Chapellon, avait déclaré que les prairies Saint-Martin à Rennes étaient une zone expérimentale qui impliquait frocément quelques réajustements. Ces prairies représentent environ 30 hectares de zones naturelles. Le parc comprend trois zones humides naturelles qui font 100 m2 chacune. Elles abritent des odonates (demoiselles et libellules) et des amphibiens. C’est un espace sauvage qui est entouré d’observatoires pour les oiseaux. Techniquement, la prairie inondable permet de stocker les éventuelles crues. Le responsable du service de maîtrise d’ouvrage à la Direction des jardins, Éric Lechevallier, a précisé qu’au total, 60 000 m3 d’eau peuvent y être stockées lors d’une crue.

Les zones concernées ont été réaménagées en 2017, mais doivent à nouveau être adaptées. Elles doivent être en eau pendant la période hivernale et s’assécher naturellement pendant la période estivale. Le souci actuellement, c’est qu’elles restent en eau, malgré leur faible profondeur.

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Le début des travaux en juillet

La DDTM (la police de l’eau) a demandé à la Ville de corriger la cote des fonds de bassin afin que les zones humides retrouvent au plus vite leur fonctionnement normal. Cela a pour objectif de garantir la diversification des milieux naturels et le cycle de vie des zones humides. De ce fait, la première phase des travaux, effectuée à partir du 20 juillet dernier, consiste à pomper l’eau des bassins pour les assécher. La profondeur des bassins devrait également être rehaussée de 60 cm.

Par ailleurs, des écologues sont présents sur le site depuis le début des travaux pour observer la vie aquatique. Les espèces naturelles seront capturées avec des épuisettes et des filets, puis transportées soit dans le ruisseau et les fossés à proximité, soit dans la rivière. D’un autre côté, les espèces invasives seront supprimées, comme les écrevisses américaines et les jussies, une plante aquatique qui couvre la surface de l’eau.

Après la phase de séchage qui devrait durer un mois, le remodelage des fonds de bassins pourra commencer à partir du 23 août pour une durée de six à huit semaines.

Afin de ne pas dégrader le site, les travaux ne peuvent être effectués qu’en période sèche, c’est la raison pour laquelle ils ont été programmés pour cet été. Pour ne pas endommager la ceinture de végétation en berge, le travail doit être impérativement réalisé par l’intérieur des bassins. Les travaux effectués à la fin de l’été permettront d’éviter de gros impacts sur la faune et la flore qui sont présentes sur le site. Après l’étape de pompage des zones humides, il sera nécessaire de remblayer les sites en amenant 60 centimètres de terre prélevée aux alentours des sites. C’est une phase importante qui servira à créer de véritables zones humides pour les insectes, les libellules et les batraciens qui vont y vivre.

Les travaux se poursuivent sur la partie nord des prairies Saint-Martin actuellement. Selon les responsables, les derniers squats qui restaient encore au milieu de la végétation ont pu être évacués en juin dernier. D’ailleurs, les abris de fortune ont déjà été détruits. Seules quelques maisons au bord du canal restent, en plus de deux propriétés qui sont perdues dans l’immense verdure des lieux. La Ville assure que dès le départ des occupants, ces maisons ne seront plus habitées, et pourront être soit transformées, soit détruites.

Ce vaste chantier de parc urbain qui a été engagé en 2017 devrait être terminé à l’horizon 2024. Les prairies Saint-Martin à Rennes ont longtemps été victimes de la pollution émise par certaines industries, à l’instar de l’ancienne tannerie. Elles ont depuis été nettoyées. Le projet urbain est estimé à environ 30 millions d’euros.

Les prairies deviennent un grand parc urbain

Le secteur des prairies Saint-Martin est situé entre un bras naturel de l’Ille et le canal d’Ille-et-Rance, à seulement quelques centaines de mètres de la place Saint-Anne et près de la future station de métro Jules-Ferry. Il devient actuellement un grand parc naturel au cœur de la ville et qui est ouvert à tout le monde. C’est un lieu de détente et de partage entre amis et en famille, avec 30 hectares de loisirs et de nature. Il s’agit également d’un acte fort dans le prolongement de la COP21 de la part de la Capitale française de la biodiversité 2016. On peut y venir à pied ou à vélo. L’espace est composé de vastes carrés d’herbes folles, de jardins ouvriers, d’un patchwork végétal de zones humides, traversé par des petits ruisseaux. Les prairies Saint-Martin sont considérées comme le poumon vert de Rennes.

On retrouve sur place des sites d’observation de la faune et de la flore, une plaine de jeux pour enfants, un kiosque, une guinguette, un parvis pour jouer à la pétanque, des agrès sportifs ainsi qu’une aire de pique-nique. Des animaux en éco pâturage y sont aussi présents.

Une butte de jeu, placée en face du parc des Tanneurs, fera le bonheur des tout-petits. Tout comme la plaine festive et sportive, elle peut accueillir des manifestations en plein air (animations, expositions, spectacles…) et bien évidemment les promeneurs.

Un parc qui mise sur la biodiversité

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Le parc naturel est un espace de préservation et d’observation de la faune. Il offre une succession de prairies pâturées par des vaches Highland Cattle. Cette race est particulièrement adaptée aux zones humides. La faune présente dans le parc est très variée, pour le plus grand plaisir des visiteurs. Les prairies Saint-Martin comprennent des zones naturelles humides. Ces espaces sont étudiés par des enseignants chercheurs des universités rennaises, de l’observatoire d’écologie urbaine du CNRS (Centre national de la recherche scientifique). Ils ont pour but d’effectuer un suivi naturaliste sur le long terme. Les scientifiques ont pour missions d’observer les continuités écologiques, la faune et la flore ainsi que l’évolution du climat et du paysage.

Les prairies Saint-Martin représentent un véritable îlot de fraîcheur dans le centre-ville. Elles font partie des actes forts de la Ville de Rennes en ce qui concerne la protection de l’environnement. En effet, il y fera 2 degrés de moins que dans le reste de la métropole, notamment grâce aux 1 000 arbres qui y sont plantés.

À titre de rappel, Rennes a reçu le titre de capitale Française de la biodiversité en 2016, récompensant ainsi son action perpétuelle en faveur de la gestion écologique de ses espaces verts.

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