Rennes veut nourrir son métro à l'énergie solaire

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le mardi 19 mai 2026

[ mis à jour le mardi 19 mai 2026 ]

SOMMAIRE

Rennes Métropole, Keolis et Energ'iV ont ouvert le 18 mai 2026 une campagne de financement participatif pour deux centrales photovoltaïques posées sur les toitures des garages-ateliers. Le projet, présenté comme une première en France dans le transport urbain, doit produire près d'un gigawatt-heure par an et couvrir environ 7 % de la consommation des lignes a et b. Coût annoncé : 1,5 à 1,6 million d'euros, dont 500 000 € ouverts à l'épargne citoyenne.

Deux toitures, 6 000 m² de panneaux et 1 GWh par an

Le décor tient en deux sites. À Chantepie, au bout de la ligne a, sur le toit du garage-atelier qui abrite les rames. À Saint-Jacques-de-la-Lande, sur le site de La Maltière, terminus de la ligne B du métro de Rennes. Au total, 6 000 m² de panneaux photovoltaïques. La centrale de Chantepie générera environ 544 MWh par an, soit la consommation annuelle de 118 foyers, détaille Rennes Métropole. Celle de Saint-Jacques-de-la-Lande, autour de 420 MWh, l'équivalent de 91 foyers. Au total, environ 1 094 MWh cumulés chaque année, consommés sur place par les installations du métro.

Le principe : une boucle d'autoconsommation. L'électricité produite ne transite pas par le réseau public. Elle entre directement dans les circuits du métro. « L'électricité qui va être produite va être directement injectée dans les circuits électriques du métro. C'est de l'électricité qui ne va pas passer sur le réseau public. C'est une première nationale », explique David Clausse, directeur général du SDE35 (Syndicat Départemental d'Énergie d'Ille-et-Vilaine), sur France 3 Bretagne le 15 mai 2026. Le SDE35 mentionne plus de 60 millions de voyageurs STAR par an, à l'échelle du réseau métro et bus dans son ensemble, qui bénéficieront in fine de cette électricité 100 % locale.

7 % de la consommation : un appoint, pas une bascule

Selon Rennes Métropole et la presse locale, le million de kilowatts-heures produit correspond à environ 7 % de la consommation électrique totale du métro. La fiche projet du SDE35 avance pour sa part « près de 10 % ». Les deux chiffres coexistent dans les documents publics, sans explication officielle communiquée à ce stade.

Alors bien sûr, le métro rennais ne « devient » pas solaire du jour au lendemain. Il commence seulement à produire une petite partie de l'électricité qu'il consomme. Cela reste tout de même un signal fort : dans un système de transport public à forte consommation électrique, 7 % autoproduits localement réduisent la dépendance au réseau et exposent les voyageurs à un usage concret des énergies renouvelables, l'un des piliers du virage écologique de Rennes. Le gain est réel, à hauteur de ses chiffres.

500 000 € confiés à l'épargne citoyenne via Gwenneg

L'investissement total tourne autour de 1,5 million d'euros selon Energ'iV et le SDE35, 1,6 million selon France 3 Bretagne, qui mentionne aussi des aides européennes. La campagne de financement participatif cible 500 000 €, soit 30 % du montant total. Elle passe par Gwenneg, plateforme bretonne de financement participatif basée à Rennes, créée en 2015 et agréée Prestataire de Services de Financement Participatif (PSFP). Gwenneg a déjà porté la centrale solaire de Bruz-Pont Péan en 2021, à hauteur d'un million d'euros sur un projet de dix.

Les tickets vont de 100 € à 10 000 €, sous forme d'obligations simples non convertibles, avec un taux d'intérêt brut annuel fixé à 5 % sur soixante mois, intérêts versés mensuellement et capital remboursé in fine. « Ils peuvent participer à une hauteur de 100 euros jusqu'à 10 000 euros, avec un taux d'intérêt de 5 % sur 5 ans. Donc ça reste intéressant pour eux de participer concrètement à un projet de territoire », résume Juliette Fromageot, chargée de développement au SDE35. Comme tout placement obligataire, l'opération comporte un risque de perte en capital et d'illiquidité.

Un calendrier de souscription en quatre vagues

L'ouverture suit un cercle concentrique, des usagers les plus proches du métro vers le reste de la Bretagne. Les usagers du réseau STAR pouvaient souscrire du 18 au 24 mai 2026, sur présentation d'un abonnement ou d'un justificatif de paiement. La fenêtre s'élargit aux habitants de Rennes Métropole du 25 au 31 mai. Puis aux habitants d'Ille-et-Vilaine à partir du 1er juin. Enfin aux Bretons à partir du 8 juin 2026.

Pour répondre aux questions, des permanences se sont tenues dans trois stations de métro la semaine du 18 mai : Sainte-Anne, République et Gare. Une réunion publique a réuni les porteurs du projet le 18 mai à 19 h au Jeu de Paume, rue Saint-Louis. La collecte sur la plateforme Gwenneg reste théoriquement ouverte jusqu'au 17 juillet 2026. Le succès a pourtant été immédiat : le compteur affichait déjà 500 000 € collectés et 117 souscripteurs au lendemain de l'ouverture, soit l'objectif atteint à 100 % en moins de 24 heures.

Surface totale de panneaux6 000 m²
Production attendue ligne a (Chantepie)544 MWh/an (118 foyers)
Production attendue ligne b (Saint-Jacques)420 MWh/an (91 foyers)
Production cumuléeenviron 1 GWh/an
Part de la consommation du métroenviron 7 % (10 % selon le SDE35)
Coût total1,5 à 1,6 million d'euros
Financement participatif500 000 € (30 % du total)
Tickets et rémunération100 € à 10 000 €, 5 % brut/an sur 60 mois
Mise en serviceT4 2026 (octobre-décembre)

Le métro solaire Rennes, brique du plan climat-énergie territorial

Le projet s'inscrit dans le Plan Climat-Air-Énergie Territorial (PCAET) 2025-2030 de Rennes Métropole, adopté en Conseil métropolitain le 2 octobre 2025. Le PCAET fixe une réduction de 42 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 par rapport à 2019, et un doublement de la production d'énergies renouvelables sur le territoire à la même échéance. La métropole multiplie les grands chantiers où l'enjeu énergétique pèse de plus en plus, du quartier d'affaires EuroRennes à la rénovation des grands ensembles. Pour la collectivité, le calcul n'est pas que symbolique. « Il faut maîtriser les coûts. On voit bien aujourd'hui que si on est capable de produire localement on est capable de maîtriser ses dépenses », déclarait Valérie Faucheux, vice-présidente de Rennes Métropole déléguée aux mobilités et aux transports, sur France 3 Bretagne le 15 mai dernier. Une logique cohérente avec la stratégie d'autoproduction inscrite au PCAET.

Le chantier doit s'ouvrir soit au cours du deuxième trimestre 2026, soit dès juin. La mise en service est annoncée au quatrième trimestre 2026 par Energ'iV, avec un calendrier qui peut s'étirer jusqu'au début 2027 dans les prévisions les plus prudentes. Energ'iV, société d'économie mixte locale créée en 2018, restera porteur et investisseur principal des deux centrales photovoltaïques.

Pour les voyageurs du quotidien et pour qui envisage d'habiter à Rennes, le changement sera invisible. Les rames continueront de rouler à l'électricité. Une part, désormais, viendra de quelques milliers de mètres carrés de panneaux sur les toits des garages-ateliers de Chantepie et de Saint-Jacques-de-la-Lande. Le métro solaire de Rennes, dans son ambition mesurée, ressemble moins à un grand soir énergétique qu'à un patient tour de vis sur la facture et l'empreinte carbone du réseau STAR.

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