”Rennes2030”, pour une ville libérée des énergies carbones

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Publié le 13 juillet 2018 par

Gilles Vidotto Avatar Gilles VIDOTTO

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À Rennes, la nature en ville à un bel avenir devant elle
© Paroo / Shutterstock

À l’heure actuelle, les grandes villes de France tendent à se libérer de l’usage des énergies carbones polluantes au profit d’énergies vertes, perçues comme plus économiques et renouvelables. Rennes s’accorde sur ce modèle et développe de nombreuses mesures en faveur de la préservation de l’environnement. “Rennes2030” est le projet phare de la métropole lui permettant de s’émanciper des énergies fossiles. Une volonté écologique en accord avec la RE 2020 qui pousse vers la fin du chauffage au gaz dans les logements neufs.

Les énergies carbones et les énergies vertes

Les énergies carbones, ou fossiles, sont des énergies non-renouvelables provenant des ressources produites par la terre, elles sont limitées dans le temps et polluantes. Elles sont généralement consommées sous l’action du processus de combustion, ce qui produit du dioxyde de carbone (CO2) et est une cause importante du réchauffement climatique. Parmi les énergies fossiles les plus utilisées, l’on retrouve :

À l’inverse, les énergies vertes sont des énergies renouvelables et non fossiles. Ceci signifiant qu’elles peuvent être renouvelées ou régénérées naturellement, elles peuvent donc être utilisées sans limite dans le temps. Parmi les énergies vertes, l’on retrouve cinq familles principales d’énergies renouvelables :

Rennes Métropole entame sa révolution énergétique

Le 5 avril 2018, Rennes Métropole a validé son plan d’action PCAET (Plan Climat-Air-Énergie-Territorial). Ce dernier doit répondre à une dizaine d’objectifs et développe près de 109 actions. 350M€ ont été dépensés pour lutter contre le réchauffement climatique. Rennes Métropole a pour ambition de devenir une véritable “éco-métropole”. Pour y parvenir, d’ici 2030, l’agglomération envisage de diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre par habitant par rapport aux résultats de 2010 :

”C’est un plan ambitieux, qui passe par des objectifs concrets, crédibles, vérifiables, qui pourront être évalués”, précise Emmanuel Couet, le président Rennes Métropole.
La livraison de nouveaux écoquartiers d'avenir en périphérie de Rennes traduit aussi cet engagement.

Les objectifs du PCAET

D’ici 2030, plusieurs actions vont être menées dans le cadre du Plan Climat Air-Energie-Territoire. La plus importante concerne le secteur de la mobilité et des transports. La métropole a engagé 103,9 millions d’euros. L’intérêt étant de réduire le trafic routier de 10% d’ici 2030. Dès lors, l’objectif est de développer la pratique du covoiturage, notamment via une plateforme et un site internet dédié : celle-ci doit voir le jour à partir de 2030. Également, Rennes Métropole souhaite développer ses modes de transports en commun. Actuellement, une ligne de métro traverse la ville de Rennes. D’ici 2020, la ligne B doit être mise en place et permettra de desservir près de 73% de la population et 84% des emplois situés au sein même de la ville. De même, d’ici 2030, 80% des déplacements collectifs se feront grâce à des modes de transports décarbonés.

La rénovation du parc immobilier ancien est l’une des mesures phares du plan climat. Effectivement, la ville de Rennes table sur la remise aux normes thermiques actuelles de 6.000 logements par an. Actuellement, seulement 1.500 habitations sont rénovées. 63.4 millions d’euros ont été engagés dans cette démarche. Les bâtiments du secteur tertiaire font, eux-aussi, l’objet d’un projet de rénovation. À titre d’exemple, l’usine de valorisation énergétique, située dans le quartier Villejean, doit être remise aux normes actuelles. C’est le plus important projet de rénovation du secteur tertiaire. 90 millions d’euros ont été engagés dans ce sens.

Également, l’agglomération rennaise espère pouvoir tripler la part des énergies renouvelables, ou de récupérations, d’ici 2030.

Le parc des Gayeulles à Rennes, un écosystème rare en ville
© EQRoy / Shutterstock

Rennes, une ville verte

Rennes est considérée comme la capitale française de la biodiversité, car le plan local d’urbanisme “Rennes2030” prévoit la plantation de près de 3.000 arbres supplémentaires, atteignant alors un nombre final de 130.000 arbres au sein de la ville. Également, il est prévu l’accroissement de 15% des espaces verts publics. L’objectif étant que 90% des Rennais vivent à moins de 300 mètres d’un square ou d’un espace vert public (70% actuellement).

Pour exemple, la municipalité rennaise s’attèle à mener un projet bien précis : celui de créer des “oasis” au sein des cours d’école. Concrètement, cette action consiste à recycler les zones de bitume et de les mélanger à une émulsion végétale. Ceci donnant donc naissance à des “oasis” économes en énergie, perméables pour les eaux de pluie et offrant des espaces de récréation plus frais en période caniculaire.

Rennes développe le photovoltaïque

46.4 millions d’euros ont été investis en faveur du développement des énergies propres. Ce budget soutient, notamment, le développement du photovoltaïque. À terme, 100% des bâtiments municipaux seront pourvus de panneaux photovoltaïques et seront alimentés en électricité durable d’ici 2020.

À l’horizon 2024, l’ensemble de la métropole rennaise vise les 25% d’électricité renouvelable.

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