Halles en Commun à Rennes : un skatepark en éclaireur des futurs logements

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Publié le mardi 27 octobre 2026

SOMMAIRE

Le 22 octobre 2026, Rennes Ville et Métropole a présenté le Benéze Park, un skatepark couvert logé dans un ancien hangar des Halles en Commun. L'installation est provisoire : le bâtiment doit ensuite devenir du logement en habitat participatif. Derrière les rampes se prépare la reconversion de toute l'ancienne friche industrielle, avec environ 200 logements à la clé.

Benéze Park : la glisse s'invite dans un hangar promis au logement

Graffs aux murs et modules bricolés en bois : le Benéze Park occupe l'un des hangars de l'ancien site Euroshelter, où l'on fabriquait encore récemment des équipements militaires. L'association Ride Like Share y dispose de 1 600 m² exploitables, cinq fois l'espace qu'elle louait aux Cadets de Bretagne.

Le club compte 150 adhérents et 115 élèves inscrits à l'année. Les sessions libres reprennent en novembre 2026, à 3 € les deux heures, avec une adhésion annuelle de 10 €. Un contest d'Halloween est prévu le 31 octobre 2026. « Ça fait dix ans qu'on rêve d'avoir notre skatepark indoor », déclarait Jean-Jacques Lejeune, président de Ride Like Share à Rennes Ville et Métropole le 22 octobre 2026

Rennes ne disposait jusqu'ici d'aucun skatepark couvert. La Ville, qui étudie la conversion de l'ancienne piscine de Villejean, a proposé ce hangar à l'association dans l'intervalle.

Une convention lie Ride Like Share à la Ville de Rennes et à Territoires, l'aménageur propriétaire du site. La Ville a engagé les travaux de mise aux normes, et l'association sous-loue les locaux.

Faire vivre la friche industrielle avant de la reconstruire

Ce montage relève du concept d'urbanisme transitoire : un site en attente de travaux accueille des usages temporaires, qui servent de banc d'essai au projet définitif. La démarche a démarré en 2022, après le départ de l'industriel pour La Janais.

Depuis, une vingtaine de structures de l'économie sociale et solidaire (ESS), du réemploi et de la culture font vivre les Halles en Commun. La cantine Grabuge occupe depuis 2024 un bâtiment réhabilité à l'entrée du site, l'une des premières réalisations définitives.

La bonne nouvelles, c'est que les essais ont par ailleurs permis d'améliorer les plans. Une prairie fleurie semée devant Grabuge a révélé le manque d'ombre : la future place intégrera davantage de végétation, alors qu'aucun arbre n'était prévu. Selon un bilan publié le 22 juin 2026, cette préfiguration des espaces publics se prolonge encore trois ans.

Le site se visite déjà : des balades « Explorez la friche », comme celle du 14 octobre 2026, sont annoncées dans l'agenda des Halles en Commun.

Logements aux Halles en Commun : le social en tête

À terme, ce dernier secteur à aménager de l'écoquartier de la Courrouze doit accueillir environ 200 logements, selon le site officiel du projet. Une majorité sera du logement social (60 % sur une friche d'environ 5 hectares), d'après une fiche de la Banque des Territoires publiée le 11 mai 2026.

Autour de ce socle, le programme associe des logements intermédiaires à louer, des résidences pour jeunes actifs et étudiants, et des logements en accession. L'association Habitat & Humanisme, qui lutte contre le mal-logement, y disposera d'une dizaine de logements destinés à des personnes en grande précarité.

La halle ES5, porte d'entrée des acheteurs

La programmation détaillée publiée à ce jour concerne la halle ES5. La Coop de Construction et l'agence Tectone y préparent environ 40 logements du T1 au T5. Trois formules sont prévues : accession libre, accession régulée et accession aidée en bail réel solidaire (BRS). Le BRS, on le rappelle, est un dispositif qui sépare le terrain, conservé par un organisme de foncier solidaire, du logement acheté par le ménage. Il impose des plafonds de ressources et une résidence principale.

Une dizaine de ces logements relèvent de l'habitat participatif, au sein du programme baptisé Chapitre 641 lors de l'appel à candidatures de 2024. Les futurs propriétaires, en accession coopérative, conçoivent ensemble leurs espaces partagés. L'association L'Epok accompagne et anime ce groupe d'habitants.

Loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 (ALUR), article 47, et article L. 200-1 du Code de la construction et de l'habitation : cadre légal de l'habitat participatif. Les ménages associés peuvent aussi construire ou acquérir leur immeuble, puis le gérer.

Lors de l'appel à candidatures de l'habitat participatif, clos le 26 avril 2024, le prix moyen était estimé à 3 800 € TTC/m². La TVA réduite à 5,5 % obéissait elle aussi à des conditions d'éligibilité (ressources, résidence principale) et aux règles du programme local de l'habitat (PLH). La livraison alors annoncée, au premier semestre 2028, reste à confirmer auprès de Territoires.

Les vieilles halles de l'Arsenal restent debout

Plusieurs halles industrielles et bâtiments patrimoniaux hérités de l'Arsenal seront conservés et réhabilités : trois halles et deux bâtiments, selon la présentation détaillée du projet. Entre 2 et 5 % des matériaux des futurs programmes immobiliers proviendront du réemploi.

Côté activités, la Banque des Territoires annonce 12 000 m² dédiés à l'ESS : ateliers de réparation, ressourceries, cafés associatifs, lieux culturels. Le site du projet retient 6 500 m² de bureaux et commerces, plus un espace coopératif ESS au cœur de la halle principale.

Une centrale des mobilités regroupera le stationnement, et une rue couverte piétonne accueillera marchés et expositions. Une crèche, une maison de santé et un tiers-lieu culturel sont prévus. La même fiche annonce aussi 36 % d'espaces verts en plus, sans préciser la base de comparaison.

Une boucle d'autoconsommation collective sera alimentée par 4 600 m² de toitures équipées de panneaux photovoltaïques.

Un calendrier qui a déjà glissé

Les étapes publiées en mai 2026 par la Banque des Territoires :

Ces échéances ont reculé : en 2023, plusieurs communications annonçaient les premiers logements pour 2026.

Le projet a été désigné en janvier 2022 lauréat de l'appel à manifestation d'intérêt (AMI) « Démonstrateurs de la ville durable ». Il reçoit près de 6,3 M€ de subventions France 2030, détaillées dans la fiche projet de la Banque des Territoires.

Quid de l'mmobilier neuf à La Courrouze

Pour un acquéreur, deux inconnues demeurent : la répartition entre les trois formules d'accession de la halle ES5, et les prix de l'accession libre et régulée, non publiés à ce jour.

Aux abords, les acheteurs des programmes immobiliers neufs du secteur Cleunay-Arsenal-Redon, voisin du site, profiteront d'un quartier mieux relié. La promenade testée depuis 2025 à travers les Halles préfigure un nouveau passage entre Cleunay et La Courrouze, longtemps séparés par le mur de l'Arsenal.

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