ZAC Bois-Perrin à Rennes : d'un site hospitalier fermé à un quartier ouvert

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le mardi 28 juillet 2026

[ mis à jour le mardi 28 juillet 2026 ]

SOMMAIRE

Le 2 juillet 2026, la Ville de Rennes a officiellement lancé la construction de la crèche du Bois-Perrin. Ce geste ouvre le chantier visible d'un quartier entier, bâti sur l'ancien site pédopsychiatrique du centre hospitalier Guillaume-Régnier. La ZAC Bois-Perrin promet près de 400 logements, des commerces, un square et un parc à l'horizon 2030.

La crèche en paille qui lance la ZAC Bois-Perrin

Au pied de la grue qui signale désormais le chantier, les fondations d'une crèche municipale sortent de terre, à l'angle de l'avenue du Général-Leclerc et du boulevard de Vitré, dans le quartier Jeanne-d'Arc. Le bâtiment de 60 places sera la première réalisation visible de la ZAC Bois-Perrin. Zone d'aménagement concerté : dans une ZAC, la personne publique organise ou fait réaliser l'aménagement et l'équipement d'un secteur, sans que la maîtrise foncière intégrale soit une condition obligatoire.

La municipalité a marqué le lancement par un geste inhabituel. Le 2 juillet 2026, élus et architectes n'ont pas posé une première pierre, mais une première botte de paille. Le matériau dit tout du parti pris : murs à ossature bois remplis de paille, isolation en laine de bois et chanvre. La crèche doit dépasser le niveau 3 du label « bâtiment biosourcé », avec un stockage estimé à 43 kg de carbone biogénique par mètre carré.

Le coût atteint 5 millions d'euros. La Ville de Rennes finance l'essentiel, avec 470 000 euros de l'État au titre de la Dotation de soutien à l'investissement local, la DSIL. La Caisse d'allocations familiales complétera, pour un montant arrêté à l'automne 2026. La livraison est prévue au premier trimestre 2028. L'essentiel du quartier suivra par tranches jusqu'en 2030.

Vingt ans pour faire tomber les murs de l'ancien hôpital

Pendant des décennies, le Bois-Perrin est resté un angle mort. Le site abritait l'unité pédopsychiatrique du centre hospitalier Guillaume-Régnier, le CHGR, clos derrière ses murs, à deux pas du campus de Beaulieu. Le CHGR a choisi de regrouper ses activités sur la partie est de l'îlot et de céder l'ouest. Un tel foncier libéré au cœur d'une ville qui en manque : l'occasion était rare.

Côté foncier, dès 2015 la Ville a signé un protocole d'accord avec le CHGR et confié le portage à l'Établissement public foncier de Bretagne. Une fois le site entièrement libéré en juillet 2020, la Ville en a pris la pleine jouissance. Le conseil municipal a créé la ZAC le 8 février 2021, puis approuvé le programme des équipements publics le 26 juin 2023.

Entre-temps, le lieu n'est pas resté vide. De 2021 à 2024, le Bois-Perrin a accueilli des occupations transitoires : l'épicerie solidaire de Cœurs Résistants, qui soutenait « 200 foyers » chaque jour selon une bénévole citée par Rennes Infos Autrement, un campus « hors les murs » de l'université Rennes 2, un habitat participatif en préfiguration. La coopérative d'urbanisme culturel Cuesta a conduit sa mission de préfiguration en 2023 et 2024, entre mémoire du site et préparation du futur quartier.

Près de 400 logements, un square, un parc et des bâtiments des années 1930 conservés

Sur 3,7 hectares, le programme combine construction neuve et réhabilitation. Le plan d'aménagement diffusé aux riverains en juillet 2025 répartit désormais l'opération en deux tranches : 186 logements en tranche 1, dont les travaux démarrent en 2027, et 209 logements en tranche 2, soit 395 logements au total. Les bâtiments patrimoniaux des années 1930 seront rénovés. En 2023, le dossier retenu tablait sur 50 logements en réhabilitation et environ 330 logements neufs, avec 1 000 m² de commerces et de services en rez-de-chaussée, chiffres depuis actualisés par la Ville.

La programmation sociale suit le Programme local de l'habitat de Rennes Métropole. La présentation de 2023 détaillait une répartition de 30 % de logements locatifs sociaux, 15 % en accession sociale via le bail réel solidaire, 20 % à prix encadrés et 35 % en accession libre. La communication officielle de juillet 2026 confirme seulement que plus de la moitié de l'offre sera aidée, et cite le locatif social, le bail réel solidaire et l'accession libre, sans republier les quatre pourcentages. Le bail réel solidaire, ou BRS, dissocie le bâti et le sol : l'acquéreur achète son logement sous le prix du marché, sans acheter le foncier, mais en versant une redevance mensuelle à l'organisme de foncier solidaire, ici Foncier Solidaire Rennes Métropole.

Les habitants du quartier avaient exprimé une crainte : la hauteur des immeubles. Le projet a été revu. « Nous n'avons pas le culte de la verticalité, ce n'est pas une obsession chez nous et nous avons donc révisé le projet en conséquence », déclarait Marc Hervé, premier adjoint chargé de l'urbanisme, à Rennes IMMO9 en 2023. Les tours, envisagées jusqu'à douze étages, ont été ramenées à huit maximum.

Le paysage occupe une place large : Jardins, espaces plantés et cheminements représentent environ 11 000 m², soit 30 % de la surface totale. Deux espaces verts structurent le site. Le square Fidan « Rojbîn » Doğan s'ouvre sur le boulevard de Vitré, derrière une allée de tilleuls. Il porte le nom d'une militante kurde féministe, assassinée à Paris le 9 janvier 2013 aux côtés de deux autres militantes. Le parc de la Piletière, dans la partie sud, déploie un grand jardin public autour de l'ancienne maison de maître ceinte de murs de schiste.

Budget, échéances et prix : le nerf de l'opération

Le projet mobilise un budget d'aménagement de 15 millions d'euros, hors coût des logements eux-mêmes : acquisitions foncières, travaux, études. Rennes Métropole assure la maîtrise d'ouvrage. La maîtrise d'œuvre urbaine revient à l'agence h2o architectes et aux paysagistes OLM. L'ensemble du quartier sera raccordé au réseau de chaleur urbain, sauf quatre programmes trop éloignés, qui viseront un standard passif.

Côté calendrier, les travaux de viabilisation sont en cours d'achèvement à l'été 2026 : réseaux d'eau, assainissement, électricité, fibre, éclairage, voiries provisoires. Les premiers chantiers de construction suivront en 2027, pour des livraisons échelonnées entre 2028 et 2030.

Pour un ménage rennais, le calcul est concret. Un jeune couple visé par l'accession aidée pourrait acheter en BRS un logement neuf nettement sous le prix libre du secteur. À Rennes, où la reprise des prix récompense l'emplacement et la desserte par le métro, un quartier neuf à mi-chemin du centre et des universités élargit le choix pour se loger. La station de métro du campus de Beaulieu, sur la ligne B, reste accessible à pied. Le programme s'inscrit dans une offre d'immobilier neuf dans la métropole rennaise que la demande garde sous tension.

Le calendrier des livraisons court jusqu'en 2030, et les prix de vente des programmes en accession libre ne sont pas encore publiés à la date du 28 juillet 2026. Les premières commercialisations préciseront le positionnement du quartier. Bois-Perrin apporte sa pierre à l'objectif du Programme local de l'habitat 2023-2028 de Rennes Métropole, qui vise 5 000 logements produits chaque année à l'échelle métropolitaine, construction neuve et recyclage immobilier confondus.

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