© ANG Tuan Minh

La maison du futur est-elle une maison sur l’eau ?

Publié le 10 août 2020 par
Gwennaëlle Bourdon
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Face aux changements climatiques qui se font de plus en plus visibles, certaines villes ont pris le parti de construire des habitats flottants : c’est le cas de Rennes. La ville développe, en parallèle de la construction de nombreux logements neufs à Rennes et en périphérie, des maisons sur l’eau. Alors, en quoi la maison sur l’eau est-elle la maison du futur ? Est-elle la seule à venir en réponse aux changements environnementaux ?

Maison sur l’eau - Une maison sur l’eau
© ANG Tuan Minh

Maison sur l’eau ou sur terre ?

La maison sur l’eau apparaît comme une réponse aux changements climatiques actuels, qui causent des inondations dans certains régions de France, notamment en Bretagne.

Une maison sur l’eau à Rennes : pourquoi faire ?

Depuis quelques années germe l’idée de faire de la maison sur l’eau, un habitat de long terme, en guise de réponse à la pression foncière d’une part et pour pallier les problèmes d’inondation d’autre part.

Pour l’heure, la maison sur l’eau que l’on nomme parfois “maison flottante” semble réservée aux locations saisonnières insolites et à quelques passionnés d’habitats amphibies.

Quelques ménages s’aventurent toutefois, malgré l’absence de réglementation quant à la maison sur l’eau, dans cet achat qui s’adapte à son environnement. Cela est très précurseur d’adapter les constructions au milieu maritime dans un monde où la norme est de renforcer les digues. C’est en tout cas le point de vue de Nicolas Le Guen, responsable commercial de la société Aquashell, qui propose des petites maisons sur l’eau à Rennes.

C’est à la suite du programme régional breton IDDIL que l’idée de construire des maisons sur l’eau à Rennes est née. Il était question "d’imaginer l’hébergement touristique de demain". Ce sont de petites maisons sur l’eau, faites de bois, qui ont d’abord vu le jour dans les campings des trois départements que sont :

  • le Finistère
  • les Côtes d’Armor
  • L’Ille-et-Vilaine

Depuis des dizaines de maisons sur l’eau ont vu le jour à travers la France. Quelques investisseurs, plus raisonnables, préfèrent se tourner vers un appartement neuf à Rennes, construit selon les dernières normes environnementales comme la RT2012 et bientôt la RE2020. Les logements neufs répondant à ces réglementations intègrent la maîtrise de l’eau pour éviter les ruissellements et les inondations.

Quelles sont les contraintes de la maison sur l’eau ?

Pour ne pas impacter négativement l’environnement, les maisons sur l’eau doivent être qualitatives et durables. Ce type de construction, outre des mesures de sécurité spécifiques, doit prendre en compte quelques contraintes établies par les promoteurs :

  • récupération de la chaleur et de l’eau de pluie,
  • terrasse sur les toits,
  • utilisation d’énergies renouvelables (solaire et éolienne),
  • etc.

Exemples de maisons sur l’eau dans le reste de l’Europe

Aux Pays-Bas, le Studio Noach, récompensé en 2008 pour ses maisons sur l’eau à base de polystyrène recyclé, fait ainsi partie de ces cabinets spécialisés en aménagements sur l’eau.

Maison sur l’eau au Brésilneuf
© Matheus Viana / Pexels

L’Université technique de Delft a d’ailleurs lancé un concours, donnant deux mois aux étudiants pour proposer un projet de construction sur l’eau de logements durables, inventifs et qualitatifs. La ville va même plus loin, en proposant de concrétiser massivement ce type de constructions : « Si l’expérience est couronnée de succès, nous bâtirons désormais sur l’eau plus que sur la terre », explique l’adjoint au maire, Ronald Vuijk.

Maison sur l’eau : +8 centimètres de mer d’ici 2100

Un contexte climatique qui pose la question de la maison sur l’eau

En 5 ans seulement, les gaz à effet de serre rejetés ont ainsi contribué à une élévation de 8 cm du niveau de la mer d’ici à 2100. S’il y a quelques dizaines d’années, un tel scénario paraissait peu envisageable, il semble mettre aujourd’hui de nombreux experts du réchauffement climatique d’accord. Pourtant, d’après certains scientifiques, de nombreux facteurs à l’origine d’une augmentation du niveau des océans étaient déjà présents depuis des siècles.

Une baisse généralisée de la production mondiale en CO2 est plus que souhaitable pour les générations à venir : elle pourrait avoir des effets d’ici un à deux siècles. Le secteur du bâtiment étant l’un des plus gourmands en énergie au sein du territoire français - 44% des consommations énergétiques en 2017 - les promoteurs immobiliers, accompagnés par l’État construisent des logements de plus en plus écologiques.

Maison sur l’eau versus logement neuf BEPOS

Bien que la maison sur l’eau puisse apparaître aux yeux de certains comme une réponse aux évolutions climatiques mondiales, il reste que ce type d’habitat ne s’adapte pas à tous les ménages ni à toutes les régions.

Aussi, il semble opportun d’adapter les logements terrestres pour qu’ils répondent eux aussi aux enjeux environnementaux. C’est le cas des BEPOS - bâtiments à énergie positive - qui deviennent peut à peu la norme dans la construction de logements neufs à Rennes et en France. Il s’agit d’appartements neufs et de maisons neuves qui produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment pour leur propre fonctionnement. Ils sont donc non polluants et permettent même de fournir en énergie d’autres bâtiments.

Maison sur l’eau - Terrasse d’un logement neuf
© Jodie Johnson

De réglementations thermiques en normes de construction, le secteur résidentiel a su réduire son impact carbone et ne représente plus que 11.7% des gaz à effet de serre en 2019 (source : CITEPA). En somme, si la maison sur l'eau apparaît comme une réponse aux changements climatiques, elle se présente comme une solution de secours là où le BEPOS est une solution d'avenir.

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